La persistance de la mémoire (1931)
Quand je regarde La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí**, j’ai l’impression que le temps… se met à fondre doucement, sans faire de bruit. C’est étrange, presque calme, mais pas rassurant pour autant. Et je me demande : est-ce que le temps est vraiment aussi solide qu’on le croit… ou est-ce qu’il nous échappe complètement ?
Ces montres molles, posées n’importe comment, comme fatiguées… ça me parle. On passe notre vie à courir après le temps, à regarder l’heure, à vouloir tout cadrer. Et là, d’un coup, tout s’effondre. Plus rien n’est rigide. Alors je me pose la question : est-ce que c’est le temps qui se déforme… ou notre manière de le vivre ?
Le décor est presque vide, silencieux. Un paysage désertique, figé, comme suspendu. Ça me donne une drôle de sensation… comme ces moments où tout s’arrête un peu autour de nous. Vous voyez ces instants où le temps semble ralentir, sans qu’on sache pourquoi ?
Et puis il y a cette forme au milieu, un peu bizarre, presque un visage qui dort. Est-ce que c’est Dalí lui-même ? Un rêve ? Une pensée qui flotte ? Là encore, rien n’est vraiment clair… et c’est peut-être ça qui est beau. On est obligé de ressentir plutôt que de comprendre.
Ce tableau, il ne crie pas comme celui de Munch, il ne tourbillonne pas comme celui de Van Gogh. Il est plus silencieux… mais il reste dans la tête. Il fait réfléchir doucement, presque sans qu’on s’en rende compte.
Et vous, quand vous regardez ces montres qui fondent…
ça vous fait penser que le temps passe trop vite… ou au contraire qu’il n’existe peut-être pas vraiment ?
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